| 11.5.98 |
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| 11.5.98 | Sirène, Tu débarques sur mon écran, avant de disparaître à nouveau,
Trouver, semble facile, Initier le dialogue nest pas
plus compliqué. Point de tremblement, de moiteur, aucun signe
ne mindiquant, Je peux timaginer souriant à la
réception dun message, ouvrant ta boîte aux lettres avide de surprises, comme je
sourirai à la réception dun de tes courriers, Je peux aussi imaginer des parcelles de ce qui
tentoures, cette base qui nous est commune, ces impératifs quotidiens, auxquels nul
néchappe, tellement généraux pourtant, quils ne nous amènent pas, de
lautre une connaissance plus fine.... |
| 13.5.98 |
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| 13.5.98 | Tu as aimé ce premier
texte,..peut être un peu inattendu...surprise...il t'était destiné, jamais il n'avait été écrit auparavant, jamais ne t'avait-on peut-être écrit de la sorte un texte pour toi, .... Nos échanges quotidiens me donnent envie de t'écrire ces instantannés, de décrire ces riens qui composent mon existence, grise si l'on passe à côté sans y prendre garde, rayonnante si un instant on s'arrête, regardant avec un oeil enfantin, neuf, étonné.. Te lire , lire ces tranches de vie plaisir sans cesse renouvelé, nous rapproche, casse un peu cette barrière électronique. T'entendre parler de ballade en forêt me remet en tête cette odeur que j'adore, de l'automne naissant, quand l'humidité reprend le dessus, les mousses ressortent, et les champignons émergent, dans cette odeur un peu camphrée. L'été veut nous faire croire qu'il est arrivé, deux jours de suite, les records de température du siécle sont battus, il fait chaud. Chaud dans les têtes aussi, la folie estivale est en route, les terrasses sont réouvertes, les bières fraîches coulent à flot. De nouveau les gens se regardent un peu comme si pendant quelques mois ils s'étaient oubliés... |
| 14.5.98 |
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| 14.5.98 | Tu me proposes un portrait et me
pose un grave dilemne...Non que je n'aie envie de te découvrir, l'écrit permet
d'imaginer, la photo casse ce jeu de devinette |
| 27.5.98 |
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| 27.5.98 | Demain tu pars, mais déjà tu
n'es plus là, ce voyage cent fois tu l'as déjà fait, assise les yeux dans le vague
devant cette pile de dossiers qui jamais ne diminue Savourant par avance ces odeurs, tu es déjà loin dans ce merveilleux pays ou la vie n'est que comédie, la rue théâtre, les gens acteurs Demain est un autre jour... |
| 8.6.98 |
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| 8.6.98 | Tu est revenue et déjà prise
dans la valse folle, pas encore atterrie déjà repartie d'un chat à l'autre, d'un message au suivant, C'est bon de rentrer à la maison retrouver la surprise de la boîte aux lettres le confort de l'habitude, qui doucement nous rattrape Tu m'as manqué princesse alors que paradoxalement moins de kilomètres nous séparaient pendant cette semaine européenne l'électronique nous rapproche, tu es loin, mais tellement plus proche... |
| 30.6.98 |
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| 30.6.98 | Contacts quotidiens, Découverte
réciproque, Complicité de cet échange privilégié, Et parfois je me dis, à quoi bon Pourquoi cette attente, pourquoi ce souhait journalier de te parler De rire, de partager sur la banalité de nos quotidiens. Passé lanecdote, le fait amusant, Jaurais envie avec toi de découvrir le monde, de partager ces découvertes, de voir tes yeux sémerveiller sur la nouveauté et dentendre ton rire Limage que je me fais de toi, électronique distante,
mapparaît par moment insuffisante, Cette complicité virtuelle dans le monde réel, ne le sera
peut-être jamais, |
| 10.7.98 |
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| 10.7.98 | Perte momentannée du lien web,
je reçois tes messages sans pouvoir te répondre, frustration intense. Téléphone,
extension du lien virtuel, je fais le saut, tu es là, surprise, très surprise. Deuxième appel, j'entends enfin ce rire, ton rire... Bonsoir Nadia, heureux de t'entendre enfin... Calme, posée, professionnelle, et cet accent, ce fameux accent... Peur en même temps d'avoir été trop loin, d'avoir franchi une barrière qui devait rester..., mais qui n'a à priori plus de raison d'être.. |
15.7.98 |
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| 15.7.98 | Attente... Il y a
trois mois je ne te connaissais pas, et déjà tu me manques. |
1.10.98 |
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| 01.10.98 | Lyon
Satolas, 17h31, son avion, en provenance de Montréal, s'est posé à l'heure. Voyageant en economy, elle prend son temps pour
sortir de l'avion, |
2.10.98 |
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| 2.10.98 | Ils se
connnaissent sans se connaître, sans s'être jamais vu. Ils ont plus échangés ensemble
ces derniers mois qu'avec leur conjoints respectifs, ils savent tout l'un de l'autre. Tout
sauf cette lueur dans le regard, sauf cet instant magique où l'autre réagit à un
propos, une odeur, un mouvement. Ensemble pour la première fois ils découvrent, ils se découvrent. Premier petit-déjeuner européen, elle rit de ce croissant suintant le beurre, de cette confiture de fraises tellement onctueuse, de ce vrai café, de cette odeur âcre de vieille gauloise bleue, des manières franche de ce vieux serveur bourru, qui ne comprend rien. Il ne connaît pas Lyon, elle non plus, assis l'un en face l'autre, ils regardent les passants, les voitures, la ville, et échangent des hochements de tête complices. Les personnes que par courrier ils ont décrit ont forgés cette plateforme commune, ce vocabulaire partagé, leur mots sont devenus les mêmes. Il se conforte dans l'idée que les échanges épistolaires anonymes en disent malgré tout long sur chacun des interlocuteurs... (..à suivre) |
12.2.99 |
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| 12.2.99 | Une page se tourne, une autre
vie commence. Parturiante, d'ici quelques jours, tu seras deux, tu seras mère avec toutes les craintes et plaisir que celà apporte. Cet histoire se met entre parenthèses quelques mois. Plus soutenue ces dernières semaines, à l'aube de ton départ, je mesure mieux combien nous avons créé quelquechose en perccevant cette absence future, ce vide à venir. Combien malgré la distance et cet écran impersonnel, des bouts de nous ont traversé les océans et tissés cette toile, ce lien évanescent. Au plaisir et merci pour ces instants merveilleux |
9.9.99 |
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| 9.9.99 | Premier message, le retour, il sont là, elle, lui. 7 mois déjà, la vie a repris le dessus, la course continue. Nos quotidiens se sont quelque peu écartés, souvenirs vite rappelés, le lien est rétabli, différent. Les images que nous partagions ont pris un peu de brume, nouveau départ, autre départ. Reprise du travail, retrouvailles, et séparation, joie de retrouver un autre environnement que celui de la maison, désespoir de devoir abandonner ce petit être encore si fragile. Difficile de t'imaginer dans ce nouveau rôle, d'avoir des images précises, compréhension rapide pourtant de cette nouvelle tornade, de ce déferlement permanent de sensations, de nouveautés quotidiennes, submergeant tout, la vie ! Bienvenue au club ;-)) |
31.12.99 |
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| 31.12.99 | Ce soir, après de long mois,
j'avais envie de te dire merci. Première rencontre sérieuse et soutenue sur le web, c'est avec toi que j'ai fait mes premiers pas dans cet univers étrange, à mi-chemin entre la réalité et le rêve, quelquepart au-dessus de l'atlantique dans un salon, un bar, et pourtant toujours devant un écran. Tu partais écouter les rolling stones, j'étais planté devant mon écran, tu t'appelais Claudia, je m'appelais Albert. Autre salon, autre bar, Claudia céda la place à Tamara, Roger à Albert. Les apatrides cédèrent la leur, à une québecoise et un suisse les sans âge furent vite remplacés par une femme de 25 ans, et un homme de 42. Soir après soir, salons après salons, courriers après courriers, un lien s'est créé, une référence commune est née. Absente de la ligne quelques mois, il me reste ce sentiment d'avoir créé avec toi quelquechose qui résiste à nos emploi du temps fort chargés, qui nous lie malgré la distance, cette connaissance réciproque, cette amitié étrange. Espérant avoir bientôt le plaisir de te relire, je te souhaite pour toi et ta famille, le meilleur pour le millénaire à venir, et d'heureuses fêtes de fin d'année. Roger, Albert, et tous les autres...un petit suif crampé qui pense à toi |